Compositeur du mois par beMYsound

J'ai été interviewé par le site beMysound cet été. BeMYsound est une plateforme de vente en ligne de musique libre de droit, à destination des professionnels de l'image, de la communication et du digital. Vous pouvez retrouver mon travail sur ma page beMYSound Vlad Els .

Vlad Els, ou Vincent, est un compositeur éclectique, multi-instrumentiste, capable de créer de belles mélodies en différents styles. Nous lui avons posé quelques questions...

Comment êtes-vous devenu compositeur ?

Je pense que ça remonte à loin… Déjà gamin, j'avais tendance à construire des mélodies à partir de n'importe quelle musique que j'entendais. Dans ma tête, je faisais partir un instrument ailleurs, je faisais varier un thème, j'imaginais une autre fin…

Dès que j’ai pu commencer à jouer d’un instrument (la flûte à bec !), j’ai essayé de construire mes propres idées. J’ai fait un passage par le conservatoire, mais cela n'a pas vraiment satisfait cette envie de création, même si cela m’a sûrement aidé à fixer des notions.

Et puis j’ai joué dans divers groupes, à divers postes (guitare, basse, batterie, claviers) dans divers genres (indie pop, New Wave post punk, métal, electro) mais très souvent je n’étais pas le compositeur… ou j’avais du mal à faire accepter une partie de mes idées… bref j’y trouvais mon compte comme musicien interprète, mais pas comme compositeur ! Et puis je ne pouvais pas explorer d'autres genres qui me tenaient à cœur.

Du coup, je me suis mis petit à petit à créer pour moi, avec très vite l’envie de composer pour l’image (fondu de cinéma et de séries comme beaucoup d’autres), encouragé par des amis et en plongeant plus sérieusement dans la MAO. Et voilà !

Qu'est-ce qui vous plaît spécialement dans la composition musicale ?

Tout ! Partir de 3 notes pour fabriquer quelque chose de complexe, jouer sur une matière sonore pour la transformer jusqu’à ne plus la reconnaître, répondre à une contrainte et créer à partir de celle-ci, varier les genres, jouer de divers instruments, travailler sur les timbres, la rythmique…

Et puis ressentir cette impression que tout est possible, le fait de découvrir et d’apprendre, d’ouvrir ses oreilles et son cerveau…

J’adore ces moments où tout d’un coup tout un champ nouveau s’ouvre à vous parce que vous venez de comprendre... c'est magique !

Par exemple, le jour où j’ai concrètement pris conscience du rôle des fréquences dans le travail du son, qu’en les modifiant on changeait radicalement sa nature, sa qualité ou sa texture … ça a été une révélation ! Je ne suis plus le même depuis !

Quel est votre moteur ? Qu'est-ce qui vous pousse à composer un nouveau morceau ?

Mon moteur, c’est l'envie, le besoin de m’exprimer, de créer des univers, de raconter des histoires. A partir de là, le déclencheur est très variable, ce peut être une commande spécifique, l’écoute d’un artiste, la vision d’un film, une lecture, un événement particulier…

Quel est votre plus grand souhait en tant que compositeur ?

Progresser dans la maîtrise des arcanes de la composition sans limite de genre et pouvoir travailler de plus en plus pour des longs métrages de fiction ou des documentaires.

Quelle anecdote pourriez-vous nous raconter en rapport avec la composition de musique ?

L’an dernier je me suis retrouvé à composer pour une exposition sur le design à la Gaité Lyrique.

Les contraintes étaient les suivantes : composer pour des non-voyants pour tenter de leur faire percevoir les objets de l’expo à travers la matière sonore, les morceaux devaient faire 2 minutes, et chacun correspondait à un thème de l’expo définit par un mot :

exemple : Abstrait, Humble, Naïf, Curieux, Nomade...

J’avais 10 thèmes à construire, je m’appuyais sur les photos des objets de l’exposition, regroupés pour chacune de ces catégories.

Et sur l’un d’eux notamment je séchais depuis plusieurs jours : Gonflé…

Et j’ai fini par trouver l’idée, çà peut paraître un cliché mais c’est vrai… dans ma douche... je réfléchissais en terme de souffle, respiration, et jusque-là je tournai bien sûr autour de l’idée de la voix, ou des instruments à vents… mais ça ne fonctionnait pas… puis m’est venue l’image de l’accordéon et du soufflet…. mais vu les objets de l’exposition je me voyais mal partir sur du bal musette… et là me reviennent en tête Gorillaz et Emily Wells, une artiste formidable ! En passant de l’accordéon au mélodica sur une base Reggae/dub avec une grosse basse, j’avais mon idée !

En fait je compose partout et tout le temps….

Une autre anecdote :

Je travaillais pour reconstituer in abstracto toute la bande sonore d’un court métrage fantastique (Bonne Nuit, par Anthony Eugénie) et j’avais besoin de cris/hurlements et je ne me sentais pas de le faire : c’est donc à des amis, venus déjeuner un dimanche midi, que j’ai demandé une petite contribution. Ils ont tellement bien joué le jeu qu’une des amies s’est littéralement cassé la voix dès le 1er cri ! Il était réussi !

Quelle est votre devise ?

Tempus fugit...

Le mot de la fin ?

Une invitation au rêve : la musique du film de Mamoru Oshii «Ghost in the Shell», composée par le génial Kenji Kawai jouée live... somptueux !

lien vers la page originale de l'interview par Be My Sound

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